LE CONFORT DES EPOUSES HOLLANDAISES
Dormir avec une épouse hollandaise, il n’y a pas plus confortable !
Toutefois, inutile de s’inscrire sur Tinder version orange pour en profiter. L’épouse hollandaise en question est une espèce de traversin, en forme de saucisson, que le dormeur place entre ses jambes et enlace d’un bras au moment de tomber dans ceux de Morphée.

Des concubines qui ne pètent pas
Originaire d’Asie, cet objet permet de passer des nuits fraîches et confortables.
Ses noms sont aussi nombreux que ces versions. On parle ainsi d’oreillers à câliner comme d’épouses de bambou notamment lorsque le traversin est tressé avec les tiges de cette herbe géante.
Mais que viennent faire les Hollandaises dans cette histoire ? Très présent dans les Indes néerlandaises où il est utilisé par toutes les classes sociales et les deux sexes, ce type de traversin semble séduire tout particulièrement les hommes esseulés qui lui prêtent d’autres avantages.
Pramoedya Anata Toer l’explique, à sa manière, dans son livre Jejak Langkah : “Seuls quelques Hollandais vinrent ici avec des femmes… Ici, ils furent contraints de prendre des concubines. Or, les Hollandais sont réputés pour leur avarice… Ils souhaitaient rentrer chez eux riches. En guise de remplacement, ils créèrent les "bantal guling", des concubines qui ne pètent pas… C’était là une véritable invention hollandaise : une concubine qui ne pète pas”.
Les marins néerlandais embarquèrent ces dames de bambou sur leurs navires en les transformant légèrement. Avec quelques bouts de tissu, ils les habillèrent en demoiselles afin de passer des nuits en plus douce compagnie. Les dames de voyage devinrent aussi fréquentes que fréquentées sur les bateaux de la Compagnie des Indes orientales. A tel point qu’en découvrant l’objet et la pratique, les Anglais parlèrent d’épouses hollandaises.
Loin de tomber dans les oubliettes de l’histoire, ces femmes du capitaine, comme les nommaient les Français, se laisseront séduire par le caoutchouc au début du XXème siècle pour devenir de simples poupées gonflables. Enfin, pas si simple que ça…

A des fins fornicatoires
Le psychiatre allemand Iwan Bloch décrit en 1906, dans La vie sexuelle de notre temps, le soin apporté à la fabrication de ces poupées féminines comme masculines d’un genre nouveau.
“Des mécaniciens habiles qui, de caoutchouc et d’autres matières plastiques, préparent des corps entiers d’hommes ou de femmes qui, comme les hommes ou dames de voyage, sont dédiés à des fins fornicatoires. Plus particulièrement, les organes génitaux sont représentés d’une manière fidèle à la nature. Même la sécrétion des glandes de Bartholin est imitée via un "tube pneumatique" rempli d’huile. De même, au moyen de fluides et d’appareils appropriés, l’éjaculation du sperme est imitée”.
Cent vingt ans plus tard, les poupées frivoles existent toujours. Délaissant le caoutchouc, elles ont essayé le latex avant d’adopter le silicone. Gonflables à leurs débuts, elles disposent aujourd’hui d’un squelette articulé. Une invention japonaise de 1977 que n’auraient sans doute pas boudé les matelots amoureux des étoiles de mer !
