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AU PAYS, BAH, C'EST LUI LE ROI !

Héritier d'une dynastie vieille de plusieurs siècles, étudiant fêtard, toujours un peu dans les nuages, Willem-Alexander devient roi des Pays-Bas en 2013. Depuis, le chef, symbolique, de l’Etat néerlandais joue la carte de la diplomatie entre deux bonnes œuvres.

Willem-Alexander, roi des Pays-Bas

Canon le roi

27 avril 1967. 101 coups de canons résonnent dans le Royaume des Pays-Bas. Les salves partent d’Amsterdam, de La Haye, de Den Helder, de Breda, et même, de Willemstad sur l’île de Curaçao ! 101 coups pour annoncer la naissance d’un prince. Pour une princesse, on se serait contenté de 51. 

La reine Beatrix vient alors d’accoucher de son successeur. Un premier-né mâle prêt à perpétuer la présence de la maison d’Orange sur le trône des Pays-Bas. Une très grande famille qui descend en (presque) droite ligne du père de la patrie, Guillaume d’Orange (1533-1584), et dans laquelle on a toujours recruté les rois et reines du pays.

Le premier de ces rois, Guillaume Ier, revêt la couronne en 1815. Son fils et son petit-fils, Guillaume II et III, prennent la relève avant de laisser la place, en 1898, à une suite de reines. Wilhelmina, Juliana et Beatrix règnent en maîtresse sur le XXème siècle. Et puis, le 30 avril 2013, 46 ans après sa naissance, Willem-Alexander devient le septième souverain des Pays-Bas.

Willem-Alexander et sa fille dans son cadeau de naissance

Willem-Alexander, accompagnée de sa fille Catharina-Amalia, au volant de sa DAF kini.

Prins Pils

Willem-Alexander naît sans titre. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des cadeaux princiers dont une magnifique DAF kini, une voiture de plage offerte directement par le fabricant automobile et un double-prénom qui fait référence à son aïeul Guillaume III, plus familièrement appelé Willem-Alexander. 

Willem-Alexander emménage à La Haye dans les années 80 et en profite pour entrer dans l’adolescence. Non sans difficulté avec ses parents ce qui le conduit à prendre rapidement un peu de distance. Il part dans un internat au Pays-de-Galles où il obtiendra son bac international en 1985.

Avant d’entamer des études d’histoire, il part faire son service militaire dans la marine. Il s’exerce à toutes les armes pendant une année et demie. Quand l’heure de la quille sonne, Willem-Alexander ne quitte pas totalement l’habit militaire. Il est même promu lieutenant-commandant dans la Marine royale néerlandaise. Il prend du galon… et des galons de bière pour fêter ça ! Sa vie de jeune adulte fut tout sauf aride. Willem-Alexander est couronné roi de la fête. Et cette soif de vie lui vaut bientôt le surnom de “Prins Pils” !

Willem-Alexander, 1985

Un beau-père gênant

En 2001, une autre fête se prépare. Le 30 mars, la maman de Willem annonce publiquement les fiançailles de son petit avec une jeune femme venue d’Argentine. Maxima Zorreguieta a conquis le cœur du prince mais pas encore celui de tous les Néerlandais. Son passé familial gêne un peu aux entournures. 

Son père, Jorge Zorreguieta, a en effet été ministre sous la dictature militaire du général Jorge Videla (1976-1983). Une enquête réalisée à la demande du gouvernement néerlandais par Michel Baud conclut que “M. Zorreguieta occupait une haute fonction. Il ne pouvait ignorer ce qui se passait dans le pays. À de telles fonctions, le silence est de plus en plus inacceptable, compte tenu de ses responsabilités et de la fonction qu’il occupait”. Son implication dans la dictature argentine lui vaut d’être invité à ne pas venir au mariage célébré le 2 février 2002 à Amsterdam.

Le roi et la reine des Pays-Bas en habit de noce

Maxima et Willem-Alexander, reine et roi des Pays-Bas © RVD - Jeroen van der Meyde

Moins de pouvoir, plus de responsabilités

Lorsqu’il se marie, Willem-Alexander n’est encore qu’un roi en devenir. Le Prince d’Orange s’applique donc à se préparer à sa future fonction. Il potasse tous les dossiers importants du pays, du système judiciaire au fonctionnement de l’administration en passant par la gestion de l’eau. Il participe ainsi à plus d’une centaine d’événements officiels chaque année.

Onze années plus tard, c’est le sacre ! Willem-Alexander monte sur le trône et joue, enfin, son rôle de roi.

Aux Pays-Bas, le monarque fait partie du Gouvernement, annonce chaque année, lors du Prinsjesdag, les lignes directrices de ce gouvernement, siège au Conseil constitutionnel et signe les lois. On pourrait donc lui prêter un grand pouvoir mais en réalité, ce sont bien les ministres, et le premier d’entre eux, qui gouvernent le pays. Le roi se contente d’opiner. 

Son rôle consiste plutôt à représenter le pays à l’étranger et à agir pour le bien de tous les Néerlandais à travers des fondations et des mises en lumière d'initiatives sociales, économiques ou bien encore environnementales importantes. A défaut de réels pouvoirs, Willem-Alexander assure de grandes responsabilités. 

Willem-Alexander en pleine signature de loi à Huis ten Bosch

Le roi signe une loi depuis son bureau du palais Huis ten Bosch © Patrick van Katwijk

Aux allocations

De réceptions d’ambassadeurs en déplacement en tout genre, dans le pays et à travers le monde, Willem-Alexander ne chôme pas. Et comme tout travail mérite salaire, les Pays-Bas lui allouent un budget d’environ 5 millions d’euros pour payer tous ces frais professionnels ainsi que l’ensemble de ses collaborateurs. La somme est conséquente mais pas suffisante a priori puisque le roi bénéficie par ailleurs d’une allocation annuelle d’un million d’euros, exonérée de tout impôt. 

Maxima n’est pas en reste avec un budget de 659 000 euros à l’année pour ses activités de reine agrémenté d’une enveloppe personnelle mensuelle de 33 000 euros. Même Béatrix profite de la manne nationale. L’ancienne reine a laissé le trône à son fils en 2013 mais n’a pas abdiqué ses émoluments. Elle reçoit ainsi un demi-million d’euros chaque année. 

La princesse Catharina-Amalia, la successeure annoncée de Willem-Alexander, a renoncé à sa dotation. Pendant le temps de ses études où elle ne pouvait assurer ses charges de princesse d’Orange. Revenue aux affaires en 2025, elle perçoit depuis une indemnité annuelle de 345 000 euros et peut compter sur un budget de fonctionnement de plus d’un million d’euros.

Roi et co-pilote, Willem-Alexander, roi des Pays-Bas

La double vie

Willem-Alexander mène, depuis très longtemps, une double vie. Parfois, il pose son sceptre pour attraper un manche et se transformer en Captain Willem ! Titulaire d’un brevet de pilote depuis 1985, le roi des Pays-Bas obtient son habilitation pour voler sur des avions de ligne en 2001. Et depuis vingt-cinq ans, le monarque s’envole ainsi aux commandes d’appareils de la compagnie KLM en toute discrétion. Sa présence à bord n’est jamais communiquée aux passagers mais ils ont été nombreux à convoler avec Willem-Alexander. 

Lors de ses voyages officiels, le roi se fait encore commandant en pilotant lui-même l’avion gouvernemental. Et il ne compte pas raccrocher les gants de si tôt. Il se forme actuellement pour voler sur le nouvel appareil choisi par KLM : l’Airbus A321neo. En bon monarque, il n’a pas fini de battre des ailes !

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